Projet de loi constitutionnelle relatif au statut pénal du chef de l’Etat
Modification du titre IX de la Constitution
Conseil des Ministres du 2 juillet 2003
Le garde des Sceaux, ministre de la justice a présenté un projet
de loi constitutionnelle portant modification du titre IX de la Constitution.
Le projet de loi constitutionnelle reprend les propositions formulées
dans son rapport par la commission présidée par le Professeur
Pierre Avril et chargée de réfléchir à la responsabilité
du Président de la République.
Le projet de loi confirme le principe d’immunité du Chef de l’Etat
pour les actes accomplis en cette qualité et de son inviolabilité
durant son mandat, rappelée par la jurisprudence (nouvel article 67 de
la Constitution). Il remplace la notion de haute trahison par celle de manquement
aux devoirs du Chef de l’Etat manifestement incompatible avec l’exercice
de son mandat et prévoit la possibilité pour le Parlement de siéger
en Haute Cour (nouvel article 68).
La nécessaire protection de la fonction présidentielle a conduit
à réaffirmer le principe traditionnel d’irresponsabilité,
sur le plan juridique, du Chef de l’Etat pour les actes accomplis dans
l’exercice de ses fonctions. Mais si le Chef de l’Etat ne peut pas
faire l’objet d’un acte d’information, d’instruction
ou de poursuite, ni être contraint à témoigner, durant le
temps de ses fonctions, des procédures peuvent, s’il y a lieu,
être engagées ou reprises après la fin de celles-ci.
Par exception à l’immunité et à l’inviolabilité
du Chef de l’Etat, une procédure de destitution se substitue à
la procédure de jugement pour haute trahison héritée de
la monarchie constitutionnelle. Elle est conçue comme une soupape de
sûreté. Elle ne pourra être décidée qu’en
cas de manquement du Président de la République à ses devoirs,
manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. L’appréciation
de cette responsabilité ne peut procéder que de l’autre
autorité constitutionnelle issue du suffrage universel : le Parlement,
siégeant en Haute Cour.
La procédure est aménagée de telle sorte qu’elle
ne puisse être utilisée à des fins partisanes. La proposition
de réunion de la Haute Cour doit être adoptée par la majorité
des membres composant chacune des deux assemblées. Elle emporte empêchement
du Président de la République d’exercer ses fonctions. La
Haute Cour, présidée par le président de l’Assemblée
nationale, statue dans les deux mois, également à la majorité
des membres qui la composent
Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr