Actualité

15 octobre 2007
RADIOHEAD BOUSCULE L’INDUSTRIE DU DISQUE
Le groupe de rock anglais Radiohead vient très récemment,
lors de la sortie de son nouvel album « In Rainbows »,
de jeter un véritable pavé la marre d’une
industrie musicale déjà mal en point.
La formation a en effet décidé de se passer
du système de distribution classique en mettant son
disque à disposition du public exclusivement en téléchargement
via son site Internet, à un prix fixé par le
consommateur lui-même.
L’album, sous forme dématérialisée,
est constitué de fichiers encodés au format
mp3 de 160kpb, soit une qualité supérieure à celle
du géant Itunes, et est dépourvu de tout DRM
(Mesures techniques de protection)
Au moment du paiement, un simple formulaire remplace l’habituel
ligne indiquant le prix : « It’s up to you » (« c’est à vous
de voir »), indique-t-on. L’internaute est alors
libre de fixer un montant situé entre 0 et 99 £.
Le fan peut par ailleurs se procurer un coffret luxueux édité sur
commande qui comprendra le CD lui-même, un deuxième
composé de titres inédits, deux vinyles, un
livre ainsi que des photos numériques, pour l’équivalent
de 60 euros (40 £).
Cette façon pour le moins atypique de diffuser la
musique, venant qui plus est d’une figure incontournable
de la scène musicale internationale n’a pas
manqué d’interpeller les professionnels du secteur.
Le directeur artistique d’une des principales majors
déclarait au magazine Time : « C'est la première
tornade d'une longue série qui s'abat sur l'industrie
musicale », « si le plus grand groupe au monde
peut se passer de nous, je me demande si nous avons encore
une quelconque utilité »
Mais selon la formation originaire d’Oxford,
il s’agit
surtout d’un moyen de diffuser plus rapidement, et
au plus grand nombre son art. Fatigué du contraignant
calendrier promotionnel des majors, le groupe avait décidé en
2003 de ne pas prolonger son contrat qui le liait à EMI.
Pour le groupe, dont les derniers album ont remporté fort
succès tant populaire que critique, le risque semble
toutefois calculé. Mieux, il pourrait finalement toucher
le jackpot.
Vendredi 12 octobre 2007, seulement deux jours après
son lancement, 1,5 million de personnes auraient téléchargé l'album.
La moyenne des prix payés serait de 5 £ (7,30
euros). Ces revenus reviendront en outre entièrement
au groupe, désormais autoproduit : c’est dire
si l’initiative est déjà un succès.
Cette démarche, restera peut-être une expérimentation
isolée, tant elle est permise par la grande notoriété du
groupe. Mais elle est en tous cas intéressante dans
la perspective du débat sur le téléchargement
illégal. Radiohead, habitué des prises de positions
décalées, propose ainsi de nouvelles perspectives,
dégagées de toutes stigmatisations de l’internaute,
mais basées sur sa seule loyauté face à l’artiste
et à son œuvre.
Sources :
http://www.time.com
http://www.lemonde.fr
http://www.rue89.com
http://www.lesinrocks.com
Nils
ANSELME
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