Actualité

16 novembre 2005
PHISHING : UNE JUSTICE A DEUX VITESSES
Les pirates du web ne manquent pas d’imagination et
les juristes doivent faire preuve d’autant de réactivité
pour enrayer la cybercriminalité. Ainsi, après
la difficulté à instaurer la confiance pour
les achats sur Internet via le paiement par carte bleue, un
nouveau système de « pêche »frauduleuse
aux données personnelles vient d’être recensé.
Le phishing, contraction des mots « fishing »,
pêche, et « phreaking », désignant
le piratage de lignes téléphoniques, est né.
Les pirates récupèrent par le biais de courriels
factices, ayant l’apparence d’un courriel officiel,
des données personnelles leur permettant par exemple,
de vider des comptes en banques. Cela s’est produit
récemment avec des clients de la Société
Générale et de la Bred. Une première
condamnation en France d’un internaute qui envoyait
des courriels ponctués de faux liens vers un site factice
du Crédits Lyonnais, avait déjà été
prononcée par le tribunal correctionnel de Strasbourg.
L’individu avait été condamné pour
tentative d’escroquerie, peine assortie de 8 500 euros
de dommages et intérêts et un an de prison avec
sursis. Par le biais de son site en trompe l’œil,
l’individu avait pu détourner 20 000 euros, après
avoir récupéré des données personnelles
et usurpé l’identité des clients du Crédit
Lyonnais. Le tribunal de Strasbourg s’était alors
fondé sur des dispositions pénales en condamnant
le prévenu pour escroquerie. Une deuxième condamnation
a été prononcée par le Tribunal de grande
instance de Paris le 21 septembre 2005. Le tribunal s’est
fondé sur la détention et l’usage illicite
de la marque Microsoft, la reproduction et la diffusion non
autorisée de la page d’enregistrement du site
MSN Hotmail. La contrefaçon de marque ayant ici été
retenue faute d’autre solution juridique satisfaisante.
L’escroquerie n’a pu être caractérisée,
à défaut de preuves, « le dossier ne démontre
pas que des données personnelles ont été
frauduleusement obtenues ». Il faut soulever en l’espèce,
la clémence du juge. L’étudiant de 20
ans (« phisheur ») n’a été
sanctionné que de 500 euros d’amende avec sursis
et 700 euros de dommages et intérêts à
verser à Microsoft. Les magistrats ont en effet pris
en compte la jeunesse du prévenu, le fait que la copie
du site n’était que servile et rudimentaire et
enfin, qu’aucune donnée personnelle n’avait
été subtilisée. Face à cette variation
de sanction, il apparaît nécessaire de créer
une catégorie d’infraction reconnue pour enrayer
ce fléau, et ne pas remettre en cause les transactions
sur Internet. Certaines entreprises pourraient alors connaître
un manque à gagner faute de confiance de la part des
internautes dans les transactions sur Internet. Néanmoins,
ces derniers devraient être sensibilisés sur
l’existence d’URL des pages web, le phishing reposant
sur la crédulité des internautes. Une loi sanctionnant
l’usurpation numérique en tant que telle est
actuellement à l’étude au Parlement. La
pêche promet d’être bonne car selon deux
brigades de la Police Judiciaire instruisant des plaintes,
90% des phishing ne seraient pas signalés compte tenu
de l’impact négatif de cette pratique sur l’image
et la crédibilité des entreprises. Enfin, soulignons
que si les « phishés » sont dédommagés
par leur banque ou autres fournisseurs de services, ces derniers,
malheureux, se retrouvent alors face à un manque à
gagner…qui fera le bonheur des assureurs en retour.
Sources : Pcinpact.com
; ZDNet.fr
Sophie
SAVAIDES
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