Actualité

06 avril 2006
PLAGIATS EN SERIE
Plusieurs affaires de plagiat ont fait l’actualité
ces dernières semaines, aussi bien en Angleterre qu’en
France.
La série a commencé avec le procès qui
s’est ouvert à Londres concernant le best seller
Da Vinci Code de Dan Brown. En effet, quelques mois avant
la présentation à l’ouverture du festival
de Cannes et la sortie de ce succès attendu du box
office, deux historiens, Michael Baigent et Richard Leigh,
accuse l’auteur d’avoir utilisé dans le
Da Vinci Code les thèmes et la structure de
leur travail de recherche, notamment autour de la supposée
descendance de Jésus-Christ et Marie-Madeleine. Le
procès, qui a duré deux semaines, vient de s’achever
et la décision du juge est attendue pour avril. La
décision est très attendue car le long métrage
est "menacé" par cette action en justice.
En effet, les auteurs pourraient ainsi bloquer la sortie du
film s'ils obtenaient une injonction empêchant l'utilisation
des théories de leur livre.
Dan Brown avait déjà été accusé
de plagiat par Lewis Perdue en aout 2005 mais avait été
relaxé.
En attendant la décision, deux autres procès
pour plagiat secouent l’actualité.
Le premier concerne Syriana, film produit par la Warner et
Section Eight (société de production de George
Clooney et Steven Soderbergh) et qui a permis à George
Clooney d’obtenir un oscar dans la catégorie
meilleur acteur dans un second rôle.
La plaignante, Stéphanie Vergniault, a assigné
les producteurs ainsi que le réalisateur et scénariste
du film en référé, estimant que le scénario
du film était le plagiat d’Oversight, un script
qu’elle avait écrit et enregistré en France
auprès de la SACD en 2004. Elle avait également
enregistré ce script sous copyright américain
en octobre 2004.
L’audience devant le juge des référés
du Tribunal de Grande Instance de Paris a eu lieu le 10 avril.
L’avocate de la plaignante a demandé la désignation
d’un expert ainsi que le versement à titre provisionnel
de 2 millions d’euros. Et elle a indiqué que
si le rapport de l’expert établissait une contrefaçon,
une action de fond serait ensuite introduite au civil.
Le second concerne le film Rois et Reine. Petits rappel des
faits : Marianne Denicourt, actrice française, reprochait
dans son livre Mauvais Génie à Arnaud Desplechin,
son ancien compagnon et réalisateur, d’avoir
utilisé des éléments douloureux de sa
vie personnelle dans son film Rois et Reine. Ces éléments
qui ont, selon elle, été déformés
lui auraient permis de construire un personnage odieux.
Elle a donc introduit une action en justice contre le réalisateur
pour malversations.
La 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de
Paris n’a pas estimé valable les arguments de
l’actrice. Ainsi dans son jugement rendu le 3 avril
2006, le tribunal souligne ainsi : « tout en soutenant
qu’elle peut être identifiée par le spectateur
au personnage de Nora, la demanderesse révèle
elle-même le défaut de ressemblance de ce prétendu
portrait et spécialement les très nombreuses
différences qui rendent particulièrement aléatoires
ces identifications ».
Par ailleurs, « s’il est incontestable qu’Arnaud
Desplechin, comme le souligne également la critique,
a construit ce film autour de sa propre personnalité,
de ses obsessions, de son histoire et de celle de ses proches,
qu’il n’a pas hésité à s’annexer,
il a créé une œuvre de fiction qui ne saurait
se réduire aux identifications alléguées
en demande ».
L’actrice n’a pas encore décidé
de faire appel de ce jugement.
Il est à noter qu’une action en justice est également
envisagée par l’ancienne juge d’instruction
Eva Joly contre le réalisateur Claude Chabrol. En effet,
elle accuse le cinéaste d'avoir utilisé certains
détails de sa vie privée dans L'Ivresse du pouvoir
et réclame par voie de justice une copie du film, pour
pouvoir "étudier d'éventuelles poursuites
civiles". Bien que sa première requête ait
été refusée, Eva Joly réitère
sa demande dans une audience fixée au 7 avril prochain.
La justice britannique a rendu sa décision vendredi
7 avril et a estimé que Dan Brown, l'auteur du "Da
Vinci Code", ne s'était pas rendu coupable de
plagiat dans la rédaction du Da Vinci Code. Ainsi l’auteur
n’a pas plagié "L'Enigme sacrée"
publié en 1982.
Source : allocine.fr
Marie
Cécile NATHAN
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