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Le 16 décembre 2009
VERS DE NOUVEAUX MODES DE FINANCEMENT DU CINÉMA
?
Le paysage cinématographique connaît depuis
quelques années de profondes mutations dues à l’essor
de nouvelles technologies permettant l’exploitation
de contenus cinématographiques sur des multi supports.
L’arrivée de la Vidéo à la demande
a permis l’entrée sur le marché du cinéma
des opérateurs de télécommunication
qui a nécessité l’adoption de règles
visant à garantir la rémunération des œuvres
cinématographiques ainsi que la promotion du cinéma
français et européen. Pour la première
fois, un opérateur de télécommunication
signe le 10 novembre 2009, un accord pour une durée
de cinq ans avec les organisations représentatives
des professionnels du cinéma en France.
Cet accord que l’on peut qualifier d’historique
permet de définir les engagements de l’opérateur
(Orange) dans le cinéma français, prévoyant, « un
investissement minimum de 80 millions d'euros sur trois ans
dans le cinéma français et européen ».
L'opérateur s'engage également à ce
que 25 % de son obligation d'acquisition de films d'expression
française concerne des films dont le budget ne dépasse
pas 5,35 millions d'euros. Un soutien financier aux filières
de la distribution et de l’exploitation est également
prévu dans l’objectif de contribuer à l’équipement
numérique des salles ainsi qu'un soutien à la
diversité de la distribution. L’opérateur
Orange, grâce à cet accord va pouvoir proposer
un bouquet permettant d’offrir du contenu cinématographique « Orange
cinéma séries ».De son côté,
le 19 décembre dernier, le premier financeur du cinéma
français, Canal + (174 millions d'euros investis dans
142 films en 2008) renouvelle son accord avec le cinéma
français qui vient s’adapter aux nouvelles exigences
du marché. Celui-ci prévoit notamment un soutien
renforcé à la production au détriment
des distributeurs et exploitants. La création d’une
fondation d’entreprise dont l’objet sera le soutien à l’exploitation
et à la distribution indépendante se substitue
ainsi à l’aide à la distribution des
films en salle dont le budget se voit divisé de moitié. À côté de
ces modes de financement, il y a l’émergence
d’un nouveau phénomène que l’on
pourrait qualifier de « Financement participatif ».
Si le web 2.0 a permis à l’internaute de devenir
un émetteur (« journalisme participatif »),
l’internaute après avoir investi dans le domaine
musical (cf. le succès du chanteur Grégoire
grâce au label MyMajorCompany) s’intéresse
désormais au cinéma. Le site « people
for cinéma » propose depuis le mois de novembre
de participer à la distribution d’un long-métrage
en cours de tournage en misant de 20 à 50 000 euros
conférant ainsi à l’internaute « un
droit aux recettes » en fonction du montant investit.
D’autres sites comme « Touscoprod » dont
le dernier film soutenu est « Le Bel-Age » de
Laurent Perreau sorti le 30 décembre, permet également
de participer à la production d’un film. Enfin,
l’apparition récente du « Cinémantiel » lancé par
le site « Pretatourner » consiste à communiquer
en amont sur une œuvre et à organiser des évènements
et soirées à thème en présence
des équipes du film dans le but de financer le développement
de l'œuvre et son adaptation en langues dites minoritaires.
Le financement du cinéma par l’internaute serait-il
alors un mode de financement émergent pour le cinéma
?
Sources :
• www.cnc.fr
•
www.assembleenationale.fr/rap-info/i3642-asp
Tiffanie TABEAU
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