Actualité

07 janvier 2006
UNE COURSE AUX OSCARS TRES POLITIQUE
La cérémonie des Oscars, qui se déroulera
dans moins de trois mois, promet une cuvée 2006 dans
la tonalité particulièrement politique. En effet,
quatre films indépendants et touchant à des
sujets de société controversés, se retrouvent
en tête de la course aux statuettes dorées.
Les quatre longs métrages dont nous parlons sont Le
secret de Brokeback mountain, Good night and good
luck, Truman capote et Collision. Ils
ont obtenu le plus de nominations aux récompenses de
quatre syndicats professionnels de Hollywood, annoncées
cette semaine.
En premier lieu, le réalisateur Ang Lee, avec Brokeback
mountain, est nommé pour un film qui narre une
idylle entre deux cow-boys, un sujet audacieux dans une Amérique
puritaine. Il a été sélectionné
par le syndicat des producteurs (le PGA), des scénaristes
(le WGA) et des réalisateurs (le DGA) pour leurs prix
respectifs. Notons que ce film a aussi obtenu, en décembre,
sept nominations aux Golden Globes (prix décernés
par la presse étrangère à Hollywood),
puis quatre nominations aux récompenses des syndicats
des acteurs (SAG). Autre film bien placé dans la course
aux Oscars, le Good night and good luck de Georges
Clooney. Ce film traite du combat d’un journaliste contre
le Maccarthisme. Sujet sensible car, d’une part, les
Etats-Unis n’ont pas l’habitude, dans leur cinéma,
de critiquer un gouvernement, même non actuel. D’autre
part, certains voient en ce film une critique active de la
politique du président Bush, Georges Clooney étant
engagé contre le gouvernement en place. Par ailleurs,
la biographie Truman capote est également
bien placée, notamment grâce à la performance
de l’acteur principal, Philip Seymour Hoffman, unanimement
salué par la critique. Enfin, le Collision
de Paul Haggis reste la plus grande surprise de ces nominations.
En effet, ce long métrage, sur les tensions raciales
au cœur de Los Angeles avec Sandra Bullock et Matt Dillon,
apparaît dans toutes les sélections des syndicats
professionnels alors qu’il n’est pas apparu à
la sélection des Golden Globes.
Pour Tom O’Neil, expert en récompenses de Hollywood
et éditorialiste du site Internet www.envelope.com
rattaché au Los Angeles Times, « Collision est
devenu cette semaine un concurrent très sérieux
de Brokeback Mountain. Au début de la course,
on aurait pu dire que Brokeback mountain écraserait
tout sur son passage. Mais, la grande nouvelle est la force
de Collision, un film important qui a obtenu 55 millions
de dollars à l’ancienne mode du bouche à
oreille ». Car, pour Monsieur O’Neil, ces deux
derniers films traitent des préjugés, sexuels
pour l’un et raciaux pour l’autre. Ainsi, tous
les deux sont porteurs de messages politiques très
forts et qui ont eu un succès en salle. Un mélange
qui plaît à Hollywood. De plus, l’éditorialiste
estime que, ce qui ressort le plus de ces nominations est
l’absence des films à gros budget des grands
studios. En effet, la plupart de ces films sont soit des suites,
soit des rééditions. Ces sélections,
faites par les syndicats professionnels, sont un baromètre
fiable de la remise des Oscars, car leurs membres sont aussi
électeurs dans le collège de l’Académie
et des Sciences du Cinéma, qui sélectionnent
les finalistes et les gagnants des statuettes dorées.
De ce fait, les Oscars, qui auront lieu le 5 mars prochain,
risque d’être très politique. Tout comme
le choix de l’Académie de nommer Jon Stewart
pour présenter la cérémonie. Ainsi, ce
dernier présente, sur une chaîne câblée,
un faux journal quotidien où la Maison blanche n’est
pas épargnée. « Le comédien le
plus politique des Etats-Unis va présenter les Oscars
les plus politiques vus depuis des années. Cela va
être une soirée dangereuse », prévient
O’Neil, qui risque de perturber la cérémonie,
connue pour être, habituellement, une sage réunion
de famille.
Source : le
site Internet www.commeaucinema.com.
Audrey
RAPUZZI
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