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Lundi 8 mai 2006
LE LANCEMENT DE DA VINCI CODE DE RON HOWARD
A quelques semaine de la sortie du très
attendu Da Vinci code de Ron Howard, tiré
du célèbre best seller de Dan Brown, la plus
grande méfiance s'installe lors de la projection en
avant première des quelques 36 minutes inédites
du film. Toutes les mesures de sécurité ont
été déployées : interdiction
des téléphones portables, contrôle d'identité,
vérification des sacs. Tout cet arsenal qui est, en
fin de compte, banal pour une projection de presse d'un film
américain à gros budget. Mais, dans ce cas,
il s'agit plutôt d'éviter le piratage que les
indiscrets.
En effet, cette adaptation ne cesse de faire
des vagues depuis que Sony a annoncé le lancement de
la production du film en septembre 2004. Ce long métrage,
qui révèle que Jésus aurait eu une descendance,
a, en premier lieu, déchaîné la critique,
mais la polémique n'est pas née avec le film.
Rares sont les livres qui auront provoqué un tel débat
(écoulé à 40 millions d'exemplaire).
En premier lieu, l'Eglise catholique a appelé à
boycotter le film (et le livre), qu'elle considère
comme une hérésie blasphématoire. En
second lieu, deux des endroits principaux où est censé
de dérouler l'action, l'abbaye anglaise de Westminster
et l'église Saint Supplice, à Paris, ont refusé
d'accueillir le tournage. « Dans la presse, on
a dit qu'il y avait une manifestation contre nous, se souvient
Ron Howard. Mais sur les 200, il y en avait 138, le livre
de Dan Brown à la main, voulant un autographe de Tom
Hanks ». Néanmoins, le contenu du film continu
de déchaîner les passions, ce qui en fait un
objet de contreverse.
La presse n'a donc pas pu accéder
au plateau de tournage durant les 5 mois qu'a durant lesquels
le film a été conçu. De plus, aucun des
acteurs du film ne peut exprimer clairement son opinion sur
la livre. De même, le réalisateur n'a pas voulu
se prononcer sur le contenu du roman, lors du festival de
Deauville. En cela, la ligne de défense apparaît
progressivement. « Da Vinci code est une œuvre
de fiction fascinante à adapter et une excellente occasion
de divertir et de stimuler les conversations ».
Newsweek fut le premier hebdo à en faire
échos le 26 décembre. Un média choisi
pour apporter de la crédibilité au film mais
pas à son intrigue. Car, le scandale est à double
tranchant. L'enquête, qui a fait le succès du
livre fait peur aux producteurs. C'est ainsi que l'on voit
depuis des semaines une campagne marketing qui met en avant
le côté fictif des révélations
et qui passe par la France où la critique est moins
virulente. Pour cela, Ron Howard rêve d'une avant première
au musée du Louvre mais le thriller a été
sélectionné en ouverture du prochain festival
de Cannes.
Néanmoins, le Louvres servira de base
de lancement. Une centaine de journalistes ont été
invité, deux mois avant la sortie mondiale, à
visionner des séquences du film et a posé des
questions au réalisateur et à Jean Réno.
Les fameuses séquences retenues sont : le meutre
du conservateur du Louvres (Jean-Pierre Marielle), la confrontation
entre le flic, Bézu Fache (Jean Réno), et le
professeur Robert Langdon (Tom Hanks) et une course poursuite
mené par Sophie Neveu (Audrey Tautou). Pendant la projection,
deux vigiles guettent l'utilisation de téléphone
portable ou de magnétophone. On pourrait s'étonner
de la seule présence de Jean Réno. Les autres
membres du casting étaient occupés et on murmure
que Tom Hanks est effrayé par la polémique et
qu'il n'accorde aucun entretien.
Les américains prennent au sérieux
le contenu du livre. Les organisations catholiques restent
mobilisées. Pour essayer de les apaiser, Sony joue
la carte de la discrétion. Alors, Da Vinci code est-il
un cadeau empoisonné ou un don pour Sony. Toujours
est-il qu'après une année désastreuse,
le géant japonais n'a plus rien à perdre.
Source :
Sophie Benamon pour Studio Magazine numéro 223
Audrey
RAPUZZI
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