Actualité

Le 8 novembre 2009
L’IMPACT DES FILMS MILITANTS POUR L’ECOLOGIE
SUR LES SPECTATEURS
Les films militants pour l’écologie montrent
que le cinéma reste un terrain, sur lequel il est
possible de faire de la politique, à savoir exprimer
et valoriser des idées ou des opinions sur la manière
de gérer les affaires de la Cité et sur la
direction qui semble juste de suivre afin d’assurer
le bon fonctionnement de celle-ci, pour le présent
et dans l’avenir, afin d’amener les autres (citoyens,
gouvernements) à emprunter la voie que l’on
indique.
Les films militants pour l’écologie participent-ils à la
prise de conscience collective et peuvent-ils influencer
le comportement des spectateurs dans un sens plus respectueux
de leur environnement ?
Sorti mondialement le 5 juin 2009 et diffusé par
la plupart des médias, le documentaire Home fût
couronné de succès. Toutefois, il ne parvînt
pas toujours à impulser un changement de comportements
des spectateurs. Posée dans un forum, la question
suivante : « Home va-t-il influencer votre comportement écologique
de citoyen responsable dans les années à venir? »,
a reçu des réponses majoritairement négatives.
Pour preuve, la réponse « Ni plus ni moins » a été plébiscité par
les votants. Certains d’entre eux tiennent des propos
beaucoup plus acerbes. Ainsi, la réflexion sur le
sujet amène l’un des votants à énoncer « aucunement »,
et un autre à l’absence totale de considération
: « Se faire la morale avec de telles bêtises,
non jamais », ou encore au dénigrement : « On
se fout carrément de la gueule du monde. Alors Home
ou pas Home tout ça (…), c'est du cinéma. ».
L’ironie est même l’invitée d’un
des messages : « comportement écologique de
citoyen responsable. Quel programme! C'est pour quand la
séance de flagellation ? ». A côté de
ces pensums, des messages enthousiasmants révèlent
une prise de conscience par des spectateurs. L’un d’eux
se prononce de manière affirmative, avec un « oui
bien sûr! » et pense que cela se fera « D'une
manière ou d'une autre... ». Un autre espère
adopter un comportement « un peu plus » responsable
en faveur de l’écologie.
Comparé au film d’Al Gore Une Vérité qui
dérange, The Cove, sorti le 30 septembre 2009 au cinéma,
est un film engagé qui raconte sur le mode d’un
thriller l’histoire véridique du massacre des
dauphins dans la baie de Taiji au Japon. Le réalisateur
en titre Louie PSYIHOYOS est un militant écologiste,
primé de nombreuses fois. A la différence du
documentaire Une Vérité qui dérange,
The Cove reprend les techniques propres au cinéma
hollywoodien. Par le choix des codes du cinéma sensationnaliste,
les réalisateurs ont voulu obtenir une diffusion massive
pour une plus grande prise de conscience. Sans doute que
l’objectif a été atteint. Un internaute
s’exprime sur ce que lui a inspiré le film The
Cove « la baie de la honte », et écrit
: « Respecter la nature et les êtres qui la composent
c’est un peu avant tout savoir se respecter soi- même
ainsi que nos futurs descendants. Avant d’être
un film écologique, The Cove est un film humaniste
qui au final lorsque le générique de fin arrive
vous laisse au carrefour de deux choix possible. S’éveiller
et comme le « héros » du film tenter d’apporter
sa pierre à l’édifice ou bien d’un
autre côté rester dans une ignorance volontaire
motivée par l’argent ou par le voile de fumée
que certaines compagnies vont dresser autour de vous».
A la suite d’un passage de l’acteur principal
Richard O’BARRY (spécialiste des mammifères
marins, ancien dresseur de dauphins, ayant joué un
rôle dans Flipper) dans une émission à Taiji,
après la parution du film, les télévisions
et reportages se sont succédés et les pêcheurs
ont disparu.
Sorti en octobre 2009, l’œuvre de Nicolas HULOT,
Le Syndrome du Titanic, selon une critique de M. Sébastien
CHAPUYS, est une « œuvre recommandable (…)
pour sa valeur pédagogique et citoyenne » tandis
que, M. Eric NEUHOFF, journaliste au service culture du Figaro,
déconseille d'aller voir ce film qui est selon lui, «bourré de
sentences lourdes et banales». Cependant, il semble
qu’il mérite d’être vu pour la prise
de conscience. La nécessité d’une piqûre
de rappel est réitéré : « …on
a vraiment besoin de films de ce genre, pour nous rappeler. ».
Néanmoins, les dénonciations contenues dans
l’œuvre peuvent avoir un effet pervers: « …à force
de tout dénoncer en bloc, le seul but atteint est
de nous plonger dans un état de torpeur inactive ».
Celui là même qui tient ces propos se montre
exigeant en reprochant au film de ne pas apporter de solutions
concrètes. Il n’est pas le seul, d’autres
lui feront cette critique : « Le film pose de vrais
problèmes sans amener de solutions pour les résoudre », « ça
manque de solutions concrètes…». Mais,
il est à plusieurs reprises secouru: « Certains
lui reprochent de ne pas proposer de solutions et alors ?
N'a-t-on plus le droit de dénoncer sans avoir de solutions à proposer
? Ils tirent le signal d'alarme. Ils nous réveillent
et c'est très bien. ». Un autre défenseur
montre autant de conviction: « Certes, aucune solution
n'est proposée... Je pense que cela est voulu: avant
l'action, le constat: le changement de trajectoire est incontournable... ».
Il croit en ce film et ses capacités, tout comme celui
qui pense : « On aime ou on n'aime pas, ça peut
paraître ennuyeux pour certains, et captivant pour
d'autres, mais une chose est sûr, ça fait réfléchir».
Par ailleurs, Le syndrome du Titanic pousse quelques-uns à l’action
: « …ça m'a donné envie d'en savoir
plus et d'agir à mon tout petit niveau pour aider à améliorer
la situation.». « J'ai qu'une chose à dire
: le temps des questions est révolu, terminé,
aujourd'hui il faut agir». Il arrive aussi que l’on
invite au visionnage du film: « Ce documentaire (…)
il faut que tout le monde le voit (même en plusieurs
fois si vous le trouvez ennuyant, mais il faut le voir) !!! ».
Enfin, pour un internaute, « il ne s'agit pas d'un
divertissement mais d'un devoir.»
Dans un article intitulé Parcours difficiles pour
les films d'environnement, mis en ligne le 19 novembre 2008,
un distributeur de films, gérant de KMBO, M. Vladimir
KOKH, déclare : « le public français
préfère encore voir des fictions que des documentaires ».
Depuis ce témoignage, il y eut la sortie du documentaire
Home, dont le succès a été relaté dans
le présent article. Déduire un changement d’attitude
du public français constituerait une conclusion hâtive.
Peut-être est-il encore nécessaire de recourir à la
fiction pour faire prendre conscience d’une vérité catastrophique,
comme le fait M. Jorge SEMPRUN, survivant du camp de Buchenwald.
Il raconte l’expérience « vécue
dans l'univers concentrationnaire nazi », en utilisant « le
travail de création et l'artifice de l'art pour transmettre
l'indicible, c'est-à-dire ce qui ne semblait pas pouvoir être
raconté: la vérité essentielle de l'expérience
vécue. »
Sources :
- http://www.forumfr.com/sujet148939-films-ecologiques.html
- http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090606173446AA7elWT
- http://blog.landofthegeeks.com/?p=15418
-http://www.novethic.fr/novethic/planete/institution/evenements/parcours_difficiles_pour_films_environnement/118628.jsp
- http://www.archipel.uqam.ca/788/1/M9984.pdf
Kelly CHARLETON-GUITTEAUD
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