Actualité

11 décembre 2005
LE CINEMA NUMERIQUE A LA CONQUETE
DU MONDE
Janvier 2020. Frodon, Aragorn, et Gandalf, héros mythiques
du Seigneur des Anneaux, se retrouvent projetés
simultanément sur plusieurs milliers d’écrans
dans le monde, grâce à une liaison satellite.
Le film, entièrement numérisé et en trois
dimensions, n’est diffusé que quelques semaines
en salles, puis devient disponible sur home cinéma,
en vidéo à la demande. Un scénario irréaliste
? Peut-être pas, car il s’inspire d’une
étude prospective menée par l’ARP, la
société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs.
Dans une vingtaine d’années, les pellicules de
16 ou de 35 millimètres, qui ont fait les beaux jours
du septième art jusqu’à aujourd’hui,
ne seront peut-être plus qu’un lointain souvenir.
En effet, caméras, montage, post-production, effets
spéciaux… le numérique gagne peu à
peu l’ensemble de la chaîne de production et de
consommation cinématographique. Bientôt, il sera
omniprésent à Hollywood, et le film entrera
dans une nouvelle ère.
La révolution numérique est déjà
en marche. En novembre 2005, le groupe français Thomson
et sept des plus grands studios américains ont conclu
un accord prévoyant l’installation d’un
réseau de distribution numérique dans plus de
15.000 salles aux Etats-Unis et au Canada, d’ici à
2015. Bientôt, l’Europe leur emboîtera le
pas. Les enjeux techniques et financiers d’une telle
mutation sont énormes. Avec la généralisation
du numérique, c’est tout le calendrier de réalisation
et de commercialisation des films qui sera bouleversé.
D’après l’ARP, quatre semaines seulement
seront désormais nécessaires entre le tournage,
la sortie en salles, et l’adaptation d’un long
métrage sous forme de jeu vidéo, contre trois
mois minimum actuellement. L’accélération
de la production cinématographique et la mise en œuvre
d’une multi-diffusion simultanée pour les films
permettront aussi de réduire considérablement
les risques de contrefaçon et de piratage.
Les acteurs, eux aussi, sont progressivement dématérialisés.
Les progrès dans le domaine de la gestion de personnages
numériques sont spectaculaires. Certains logiciels
sont déjà capables de gérer des foules
virtuelles de plusieurs dizaines de milliers de personnes
: cent mille combattants pour l’armée de Sauron
dans Le Seigneur des Anneaux, soixante mille spectateurs
pour la foule du Colisée dans Gladiator…
D’autres technologies permettent de cloner les acteurs
pour effectuer des cascades ou des performances par voie numérique
: Arnold Schwarzenegger dans Terminator 3, Tom Hanks
dans le Pôle Express… Plus de caméras,
de décors, ni d’éclairages. Gollum, l’une
des créatures les plus importantes de la trilogie du
Seigneur des anneaux, a été entièrement
créé grâce au procédé de
motion capture. Pendant plusieurs mois, Andy Serkis,
le comédien, a interprété son personnage
bardé de capteurs, seul, devant un fond bleu ; un ordinateur
enregistrait ses mouvements, ses expressions. Une fois l’enregistrement
terminé, il ne restait plus aux spécialistes
des effets spéciaux qu’à donner une forme
pseudo humaine à Gollum et à l’intégrer
dans le film…
Source : Nicole
Vulser, « Des films sans pellicules… et sans
acteurs »
Benoît LANDOUSY
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