Actualité

15 décembre 2006
ACCORD DE COPRODUCTION ENTRE LA FRANCE ET LA COREE DU SUD
La France et la Corée du Sud ont signé le
27 octobre 2006 à Séoul un accord de coproduction
cinématographique. Il s’agit du premier pays
d’Asie du Sud-Est avec lequel la France conclut un
tel accord.
Suite à un premier accord de coopération en
2002, le Conseil coréen du film et le Centre national
de la cinématographie avaient engagé de nouvelles
négociations. Celles-ci ont duré quatre longues
années, en partie en raison de la pression exercée
par les Etats-Unis. Ceux-ci exigeaient, dans le cadre de
l’Organisation mondiale du commerce (principe de l’accès
au marché), que la Corée du Sud réduise
ses contingents à l’écran réservés
aux films nationaux. Cette mesure protectionniste permettait
au cinéma coréen d’être jusqu’ici
l’un des plus actifs d’Asie du Sud-Est. Entre
1993 et 2005, sa part de marché national a triplé.
Un compromis bilatéral entre la Corée du Sud
et les Etats-Unis a finalement été trouvé en
juillet 2006 : les quotas ont été abaissé de
40 % à 20 %.
Les professionnels coréens se sont
fortement inquiétés « que
l’attitude coréenne [ne] serve de mauvaise exemple,
contribuant à soumettre la culture aux lois économiques
dans les relations régionales ou bilatérales » (1).
Les pouvoirs publics ne sont pas restés insensibles à ces
craintes. Pour faire face à un éventuel fléchissement
du cinéma national face au poids du cinéma états-unien,
de nouvelles aides aux salles d’art et d’essai
ainsi qu’à la production et à l’exportation
des films ont été mises en place. Elles seront
notamment financées par une augmentation de 5 % du
prix des entrées en salle.
Le frein posé par les Etats-Unis étant levé,
la France et la Corée du Sud pourront, dans le cadre
du nouvel accord signé, engager des coproductions
donnant aux films la double nationalité. Les films
franco-coréens pourront prétendre aux financements
réservés traditionnellement aux films nationaux
dans chacun des deux pays. Ils seront considérés
comme français en France, et coréen en Corée
du Sud. De plus, leur exportation sera facilitée.
Via cette nouvelle politique d’ouverture, la Corée
du Sud ambitionne de faire passer sa part de marché sur
le cinéma mondial de 1,6 % à 3 %.
(1) Déclaration adoptée
en commun par des professionnels coréens et européens
lors du festival de Cannes de 2006. Cité dans Les
cahiers du cinéma, n° 613, juin 2006.
Sources :
Lettre du CNC, n°39.
Le film français, n°3170 et n°3178.
Laurent Fournier
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