Actualité

Le 15 janvier 2010
LES CHATS PERSANS DE BAHMAN GOBHADI
A leur sortie de prison, une jeune femme et un jeune homme
musiciens décident de monter un groupe. Ils parcourent
Téhéran à la rencontre d'autres musiciens
underground et tentent de les convaincre de quitter l'Iran.
N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran,
ils rêvent de sortir de la clandestinité et
de jouer en Europe. Mais que faire sans argent et sans
passeport...
Cinquième film de Bahman Gobhadi, « Les chats
persans » s’inscrit dans l’actualité internationale.
Primé au Festival de Cannes 2009 dans la catégorie « un
certain regard », ce film dépeint avec exactitude
la vie de la jeunesse iranienne.
Film de fiction qui ressemble furieusement à un documentaire,
dans lequel des acteurs non professionnels rejouent des épisodes
de leur vie.
Tourné clandestinement, en à peine plus de
deux semaines, Les Chats persans doit beaucoup aux motocyclettes
qui transportent les héros. Comme elles, le film se
faufile dans les rues de Téhéran, amène
le spectateur dans les recoins de la ville où des
jeunes gens se cachent pour jouer une musique considérée
comme un crime.
Le cinéaste dénonce les manœuvres totalitaires
de son pays qui refuse de laisser les jeunes vivre librement.
A travers ce film, on suit le parcourt de ces jeunes musiciens
qui espèrent Les Chats persans (2009) délivre
de très beaux moments, entachés hélas
par une triste réalité, la sévérité du
gouvernement.
Bahman Ghobadi offre ici un film sur la liberté d'expression
et la lutte contre la répression. Il est certain que
Les Chats Persans ne sortira pas en Iran. Heureusement, ce
long-métrage courageux est parvenu à traverser
les frontières strictes de son pays d'origine pour éclabousser
le plus important festival du monde de son énergie,
de sa fougue et de son pouvoir sensoriel.
Les chats persans fait appel à ce que l'homme a de
plus précieux : sa soif d'expression. La musique devient
le dernier rempart à un Etat qui réprimande,
obstrue la pensée et anéantit les individualités.
Hymne au monde underground et au septième art, le
film délivre une bande originale dont on ne se lasse
pas.
Negar, Ashkan et leur guide Hamed (Hamed Behdad), se lancent
dans une quête impossible et croiseront sur leur route
des créatifs menottés par la violence du quotidien.
Pour beaucoup leur musique n'est que du bruit. Leurs envies,
des péchés.
La façon dont Bahman Ghobadi a filmé l’ensemble,
notamment l’utilisation du floue pour certains personnages,
permet un réel sentiment de stress pour ces jeunes
en quêtes de liberté prêt à défier
le régime par tous moyens.
Avec sa fin sans concessions et ses convictions humanitaires
bourrées de pertinence, Les chats persans est un film
contre l'oppression. Un hymne universel à l'Art obligé de
se terrer pour mieux fustiger l'asservissement.
Sidney TRUC
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