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15 mai 2009
FESTIVAL DE CANNES 2009 : LA COMPÉTITION
EST OUVERTE.
Officiellement lancée par la cérémonie
du mercredi 13 mai avec la projection du film d’animation
Up, l’édition 2009 du festival de Cannes a ouvert
la compétition dès le lendemain par la projection
du film chinois Nuit d’ivresse printanière.
Après Purple butterfly en 2003 et Une
jeunesse chinoise en 2006, il s’agit là du troisième film
de Lou Ye à concourir pour la Palme d’Or.
Réalisateur controversé en son pays, Lou Ye
est frappé par la censure des autorités chinoises
dès ses toutes premières réalisations.
Ainsi, Weekend Lover est censuré en 1994 et Suzhou
River, histoire d’amour tragique, fait l’objet
d’une interdiction de diffusion, à laquelle
s’ajoute une interdiction de tourner pendant deux années.
Mais c’est avec Une jeunesse chinoise, qui dépeint
une histoire d’amour dans le contexte historique des événements
de la place Tiananmen et qui va être visionné et
présenté au festival de Cannes de 2006 sans
visa des autorités, que la sanction sera la plus lourde.
En effet, frappé par la censure chinoise, Lou Ye fait
alors l’objet d’une mesure de bannissement, à savoir
une interdiction de tourner pendant une durée de cinq
ans.
Jugeant cette sanction déraisonnable et souhaitant
continuer à exercer sa profession, Lou Ye décide
malgré cela de poursuivre ses projets et, de façon
clandestine, entreprend le tournage de Nuit d’ivresse
printanière. Filmé en caméra numérique
haute définition en seulement deux mois et joué par
des comédiens non professionnels, ce film d’amour
aborde un thème qui est tabou en Chine, l’homosexualité,
qui reste regardée aujourd’hui encore comme
une maladie mentale. Rythmant son film de scènes silencieuses
gorgées d’émotion, de pudeur et de poésie
ainsi que de scènes plus brutales d’ébats
passionnés, Lou Ye espère faire évoluer
les mentalités chinoises vers davantage de tolérance
sur le sujet. Toutefois, par cette nouvelle bravade de l’interdit,
il paraît peu probable que Lou Ye parvienne à retrouver
aujourd’hui les bonnes grâces des autorités
chinoises, dont la réaction à ce jour reste
inconnue.
Financé en partie par des investisseurs hongkongais,
Nuit d’ivresse printanière a également
bénéficié d’un financement français,
notamment grâce à la société de
production Rosem Films, au Centre National de la Cinématographie
et à la région Ile-de-France, ce qui est propre à justifier
qu’il soit aujourd’hui présenté en
France comme une œuvre franco-hongkongaise.
Sources :
http://www.festival-cannes.fr
http://www.lefigaro.fr
http://www.latribune.fr
Gaëlle BROCHOT
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