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16 novembre 2006
LA BONNE SANTE DU CINEMA FRANCAIS
N’en déplaise aux observateurs
les moins chauvins, le cinéma français se porte
plutôt bien, en ce début de IIIème millénaire.
Il ne s’agit pas d’un constat exsangue de toute
réalité chiffrée. Cet état des
lieux s’appuie sur deux phénomènes majeurs
: la part des films français dans le total des entrées
en France en 2006 demeure à un niveau élevé dans
un contexte d’augmentation de la fréquentation
des salles. L’exportation des films français
en 2005, en augmentation également, témoigne,
plus généralement, de l’attractivité de
la culture française.
En effet, le cinéma français s’oriente
vers une année record en ce qui concerne la part des
productions françaises dans le nombre d’entrée
sur la période janvier à octobre 2006. Grâce à des
réalisations telles « les bronzés 3 », « camping », « indigènes »,
ou encore « prête moi ta main », le cinéma
français recueille 43.7 % des 151 millions d’entrées
en salle ; il nous faut remonter à 2001 pour retrouver
un score dépassant les 40 %.
En outre, cette performance est susceptible d’être
améliorée par la fin d’année,
riche en films français d’auteur ou à grand
spectacle, telle la dernière réalisation de
Luc Besson faisant l’objet d’une production et
d’une promotion dignes des plus grands studios américains,
comme nous l’a exposé Maïlise Bonneau dans
son article du 23 octobre 2006.
Cet engouement pour les productions françaises s’accompagne
d’autre part, d’une augmentation de la fréquentation
des salles obscures de 10,5% pour la même période,
pourcentage encourageant compte tenu de certains éléments
concurrentiels tels la Coupe du monde, la stagnation du prix – exorbitant – des
billets et la prolifération des plates formes de peer
2 peer.
D’après une étude effectuée par
le CNC (Centre National de Cinématographie), on estime
que l’année 2006 pourrait se clôturer
avec une fréquentation totale de 189 millions de spectateurs,
ce qui constituerait le deuxième meilleur score de
ces vingt-trois dernières années (après
l’année 2004 qui vit 195 million de spectateurs).
Un public au rendez-vous, susceptible d’assister tant à la
projection de films d’auteur, que de réalisations
pour le grand public, est certainement l’élément
central de la diversité de la création cinématographique
hexagonale. L’industrie y afférent ne peut que
se réjouir d’une telle capacité à l’éclectisme,
dont le caractère élitiste est résolument
démodé.
D’autre part, et même s’il n’est
pas sous l’angle de l’année 2006 proprement
dite, la bonne tenue du cinéma français se
traduit aussi par ses exportations. En ce sens, le CNC publie
son édition 2005 des principaux résultats des
exportations françaises de films cinématographiques.
L’année 2005 a généré pour
les exportations de films français 153,2 millions
d’euros soit 8,4 % de plus qu’en 2004.
Selon le CNC, dans sa Lettre de septembre 2006, plusieurs éléments
ont contribué à ce phénomène
: la baisse du niveau des prix de vente, une plus forte sélectivité dans
l’achat, une réelle concurrence des films nationaux
sur un nombre croissant de marchés ont conféré aux
productions nationales, malgré la force de l’euro
face au dollar, une bonne compétitivité.
Les principaux clients des exportateurs français
sont les mêmes qu’en 2004. Le trio Allemagne,
Italie Japon totalise 35,8 % des exportations avec en tête
l’Italie (23,1 millions d’euro) qui détrône
l’Allemagne troisième du classement (13,7 millions
avec une baisse de 38% par rapport à 2004). Le Japon
est deuxième et rapporte 17,9 millions d’euros
au cinéma français. En ce qui concerne la zone
Etats-Unis et Canada anglophone, elle reste cinquième
des recettes d’exportation mais augmente fortement,
de près de 39 %.
Au niveau de la répartition géographique des
exportations, l’Europe occidentale se place encore
une fois en tête de gondole avec 51,3 % des recettes
générées, soit 78,6 millions d’euros.
L’Amérique du Nord se place en deuxième
position (18,8 %), devançant l’Asie qui rapporte
14,8 % (le Japon étant à la source de la majorité des
profits de cette région avec 79,1 % des recettes).
Viens ensuite l’Europe de l’Est avec 8% (en baisse
par de 11,5 % par rapport à l’année 2005),
puis l’Amérique latine, le Moyen Orient, l’Océanie,
l’Afrique (dans des pourcentages ne dépassant
les 2%).
Sources :
http://www.larep.com
La lettre du CNC septembre 2006
Benjamin REIX
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