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16 novembre 2008
LA CRISE FINANCIERE AFFECTE-T-ELLE HOLLYWOOD?
L’industrie du cinéma s’appuie sur de
forts investissements résultant de crédits
importants. Pour les studios comme pour les entreprises en
général, la crise financière rendra
le crédit plus rare et plus cher. Il faudra pour les
réalisateurs et les scénaristes présenter
des projets encore plus convaincants pour obtenir les sommes
nécessaires à la production.
Du fait d’un taux de rentabilité par film proche
de 15 % en moyenne, l’engouement des banques pour le
cinéma n’a jamais faibli.
Mais depuis les premiers signes de crise, les banques se
retirent discrètement et celles qui sont restées
deviennent de plus en plus exigeantes, poussant les studios à se
tourner vers d’autres investisseurs.
Prenons l’exemple de Steven Spielberg, patron de Dreamworks,
qui a négocié un apport en capitaux de 500
millions de dollars auprès d’un conglomérat
indien. Cet accord est soumis à la condition d’éponger
les dettes de la compagnie avec le soutien des banques. Jamais
une telle condition n’aurait été exigée
d’un des poids lourds du cinéma américain
il y a quelques mois.
De même, les réductions budgétaires touchent
aussi le secteur indépendant. Les studios Warners
Bros, ont réduit les effectifs et les budgets de New
Line. Le projet de relance du légendaire studio United
Artists au sein de MGM est en difficulté.
Si la fréquentation du cinéma n’a pas
faibli aux États-unis durant l’année
2007 avec 1,47 milliards d’entrées, les spécialistes
s’accordent sur les risques de récession et
de repli des consommations culturelles, qui apparaissent
comme des variables d’ajustement lorsque le pouvoir
d’achat baisse.
Avec l’assèchement des crédits, Hollywood
connaît donc une rentrée maussade, venant s’ajouter à cela
un évènement sans lien apparent, la grève
des scénaristes. Selon certaines sources informelles,
on estime a 20 % la baisse de production des films.
Toutefois, cette conjoncture peut avoir des effets inattendus.
En effet, certains studios risquent de perdre le soutien
d’investisseurs, réduisant ainsi le nombre de
film, ce qui pourrait assainir un secteur ayant tendance à la
surproduction.
Face à cette crise, des réductions d’impôts
de plus de 470 millions de dollars sont prévues sur
une dizaine d’années pour les producteurs de
cinéma et de télévision ayant décidés
de tourner sur le sol américain. La somme apparaît
dérisoire comparativement au coût moyen d’un
film (106,6 millions de dollars) mais amènera certainement
les productions à petit budget à localiser
leurs tournages et à sauver ainsi des emplois locaux.
Enfin, et c’est paradoxal, les crises financières
sont synonymes de record d’affluence en salle si l’on
se réfère aux chiffres datant de 1929. Toutefois,
le contexte n’est évidement pas le même.
Les scénarios s’appuyant occasionnellement
sur des histoires vraies, plusieurs studios seraient en train
de plancher sur un film relatant l’histoire de traders
indélicats en pleine crise boursière. Un pied
de nez comme seul Hollywood sait le faire !
Sources :
www.lemonde.fr
www.lefigaro.fr
Émission télévisée ‘’Plus
clair’’ Canal +
Alexandre BABAYAN Retour haut de page |