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Le 16 novembre 2009
LE JOUR DES SORTIES CINEMA VA-T-IL QUITTER CELUI DES ENFANTS
?
Le co-président de Pathé, Jérôme
Seydoux, a jeté le trouble dans le monde du cinéma.
En affirmant, lors du congrès de la Fédération
Nationale des Cinémas Français (FNCF) de Deauville,
le 2 octobre 2009 , son souhait de modifier le jour de sortie
des films dans les cinémas français, il a touché à une « institution » vieille
de 1937 !
Les sorties en salles sont « calées » sur « le
jour des enfants ». Pour cette raison, avant 1972 les
sorties se faisaient le jeudi. Un facteur technique avait
aussi encouragé les professionnels à fixer
le mercredi comme jour J pour permettre de préparer
pour le week-end les pellicules qui parfois arrivaient endommagées.
Peut-être le caractère désuet du facteur
technique a-t-il poussé Jérôme Seydoux à proposer
ce changement à la Fédération ?
Le grand patron de Pathé affirme que la sortie en
salle le vendredi permettra aux films de « démarrer
fort ». Il illustre son point de vue et annonce que « le
film « Bienvenue chez les ch'tis » aurait battu
le record du film « Titanic » s’il était
sortie un vendredi ». Les arguments du producteur de « Bienvenue
chez les ch’tis » sont nombreux pour conforter
son idée.
Premièrement, instituer le vendredi comme jour de
sortie permettrait d' aligner la programmation de films sur
le même jour que la majorité des pays du monde,
en particulier les Etats Unis et le Canada. Ce serait un
moyen de lutter contre les téléchargements
illégaux. Plutôt que de télécharger
illégalement les films, les cinéphiles pressés
iraient les regarder directement au cinéma. Pourtant,
comme le relèvent les opposants à cette nouvelle
idée, les films des grosses productions hollywoodiennes
sortent généralement en avance de quelques
mois aux Etats-Unis et au Canada. Une sortie fixée
au vendredi ne permettrait donc pas de résoudre ces
problèmes de téléchargement.
Ensuite, Jérôme Seydoux explique qu’après
la sortie du mercredi les salles enregistrent « un
creux » jusqu’au vendredi soir, ce qui les oblige à anticiper
la programmation – ou déprogrammation - de la
semaine suivante et désavantage certains films. Selon
lui, décaler la programmation des films au vendredi
permettrait d'avoir plus de recul sur le potentiel des films
et par conséquent de ne pas en défavoriser
certains.
Devant l'évolution des activités des français, le « perturbateur
du cinéma français » trouve quelque peu désuète
l'idée du mercredi comme journée du cinéma en famille
quand les enfants ont de plus en plus d'occupations ce jour, vont à l'école
ou que leur parents, retenus pas la programmation des matches de league, s’éloignent
des salles de cinémas.
L’opposant le plus important à cette idée, le Directeur
Général de l’UGC ( l’Union générale
des cinémas), Alain Sussfeld, met en avant l'originalité française
! Le mercredi comme jour de sortie des films ferait son succès. Le film « Le
petit Nicolas » à l’appui, il annonce que le mercredi précédant
l'annonce de Jérôme Seydoux, « les entrées en salles
ont bondi de 60% par rapport á l'année précédente(…)
alors que la télévision diffusait le match Real Madrid-OM ».
Dernier argument de Jérôme Seydoux : les chiffres. La sortie des
films le vendredi permettrait de doper les entrées puisque le public
pourrait concrétiser plus rapidement son envie, suscitée d’une
part par les bandes annonces diffusées durant la semaine et d’autre
part par le bouche à oreille, élément le plus important
dans la promotion d'un film.
Les plus fervents des opposants à cette idée, parmi lesquels
le patron d’UGC, évoquent le problème créé pour
les films d'auteur, particulièrement valorisés par le bouche à oreille
du mercredi au vendredi. Alain Sussfeld pense effectivement que cette modification écraserait
ceux-là mêmes qui font la renommée du cinéma français.
Alors que les salles diffusant les films à grand public seraient envahies
le week-end grâce à la promotion de la semaine, les salles diffusant
les films de petite production seraient désertées, ce qui accélèrerait
leur déprogrammation.
Les adversaires défendent en outre les cinéphiles, passionnés
de ces films d'auteur, davantage présents en semaine dans les salles
de cinéma. La sortie du vendredi entraînerait donc l’abandon
des salles durant la semaine.
Outre les raisons avancées, la question posée le 2 octobre 2009
soulève plus particulièrement un enjeu économique important.
Certes, le décalage du jour de sortie pourrait permettre aux films grand
public de battre des records d'audience dés le premier jour de sortie.
Toutefois, il risque fort de faire disparaître de nos salles les films
d'auteur qui font la renommée de la France à l'International.
Cette question, tout juste posée, crée déjà une
division au sein des professionnels du cinéma. L’encre risque
de continuer à couler puisqu'il appartient à ce cercle de prendre
une décision. Elle sera très probablement tranchée lors
du prochain congrès de Deauville, en septembre 2010. L’influence
sera grande, notamment sur la totalité des médias français
puisqu'un grand nombre de programmes audiovisuels se basent sur le jour de
sortie en salle pour fixer le jour de leur diffusion. La parution du magazine « Telerama » en
particulier a calé sa parution en fonction de ce fameux jour de sortie
des films français.
Sources:
http://www.lyonmag.com/article/12050/avis-partages-sur-la-sortie-des-films-le-vendredi
http://www.lejdd.fr/Culture/Cinema/Actualite/Nous-sommes-en-total-desaccord-141832/
http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Et-si-les-films-sortaient-le-vendredi/(gid)/2085120
http://www.fncf.org
http://www.telerama.fr/cinema/les-films-en-salles-le-vendredi,48104.php
Chloe Gilliard
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