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18 décembre 2007
L’OFFRE DE FILMS « PIRATES » SUR
INTERNET : UN DANGER POUR L’INDUSTRIE DU CINÉMA
Pour la troisième année consécutive,
le Centre national de la cinématographie (CNC) et
l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle
(l’ALPA) ont souhaité reconduire une étude
sur l’offre de films « pirates » sur internet.
Cette analyse, conduite sur la période du 1er janvier
au 31 décembre 2006, mesure le nombre de fichiers
pirates disponibles sur les réseaux « Peer to
Peer » selon leur qualité et leur délai
d’apparition.
Ainsi il ressort que :
•
Près de 94 % des films piratés sont disponibles
avant leur sortie vidéo en France
•
40,5 % des films sortis en salles en 2006 sont piratés
sur Internet l’année de leur sortie
•
Les films sont disponibles en moyenne 41 jours après
leur sortie en salles
•
Près de 38 % des films piratés sont disponibles
avant leur sortie en salles
•
les sources de piraterie se diversifient
Avec l’apparition du haut débit, la diffusion
en réseau d’œuvres dématérialisées
est favorisée. Comme nous le montre l’étude
du CNC et de l’ALPA, le nombre de fichier de contrefaçon
de films disponibles sur Internet est important, il est facile
de transmettre, de reproduire et de diffuser des œuvres
sur internet.
Cette maîtrise des oeuvres par les internautes est
un réel danger puisqu’ elle tend à perturber
le droit de reproduction ainsi que le droit de représentation
de l’oeuvre qui permettait, initialement, la rémunération
de l’auteur, tout comme la reconnaissance du droit
moral que l’auteur est censé détenir
sur son oeuvre.
Ainsi, par exemple, la diffusion de films sur le réseau
tend à priver les auteurs de leur droit de représentation
en décourageant les spectateurs de se rendre au cinéma,
puisqu’ils peuvent télécharger l’oeuvre.
Ce piratage d’œuvres numériques avant même
leur exploitations en salle est alarmant, l’affaire
des Bronzés 3 diffusé sur Internet quelques
jours à peine après sa sortie en 2006 a été un « électrochoc » à la
profession . En effet, comme nous l’a fait remarquer
Nicolas Seydoux, PDG de Gaumont, l’industrie musicale
repose sur une production abondante et multiple de titres
et de rééditions, alors que le cinéma
est limité dans sa production. Une année de
production, au niveau mondial, repose sur dix films importants.
Si deux de ces films faisaient l’objet d’un piratage
massif, c’est l’ensemble de l’industrie
qui serait immédiatement menacée.
Le droit de reproduction, quant à lui est également
atteint puisque ce téléchargement peut s’obtenir
gratuitement, sans rémunération des auteurs.
Enfin, la possibilité de modifier le film en ne téléchargeant,
par exemple, que certains extraits porte atteinte à l’intégrité de
l’oeuvre, garantie par le droit moral.
Ainsi, par leur développement, les technologies numériques,
semblent avoir contribué à déplacer,
voire à déstabiliser, le fragile équilibre
sur lequel reposait, jusqu’à présent,
la législation sur le droit d’auteur. Mais,
une autre difficulté apparaît avec les nouvelles
technologies, celle du conflit entre les intérêts
de l’auteur et ceux du public : en effet, pourquoi
les internautes se priveraient-ils des avancées technologiques
?
Cependant, cette privation semble être justifiée
du fait des conséquences économiques qu’un
piratage massif d’œuvres cinématographiques,
peut avoir sur l’industrie du cinéma. Ainsi
défendre le droit d’auteur devient un objectif
prioritaire.
Source :
Étude d’octobre 2007 CNC-ALPA sur l’offre
de film pirate sur Internet octobre
http://www.cnc.fr
http://www.lemonde.fr
Line NICLAES
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