Actualité

22 décembre 2005
LE BILAN 2005 DU CINEMA EN FRANCE
Pour certains, 2004 étant une année historique
(avec 198 millions de spectateurs), les chiffres de fréquentation
en baisse de 14% en 2005 sur les premiers mois (soit 137,6
millions de spectateurs) représentent en fait une moyenne
normale. De plus, certaines grosses productions ont été
programmées pour la fin de l’année (King
Kong, Harry Potter et la Coupe de feu ou encore
Angel A et Le monde de Narnia). Pour d’autres,
un nouveau mouvement s’est développé,
où de nouveaux risques et de nouvelles menaces vont
accentuer cette baisse des fréquentations, si l’on
ne prend pas de mesures nécessaires.
Un chose est sûre, c’est que l’année
2005 a manqué de « locomotive » capable
d’attirer de nombreux spectateur et qui donne aux gens
l’envie de retourner dans les salles. Derrière
les 7,3 millions d’entrées du dernier épisode
de Star Wars, les films atteignent péniblement les
4 millions de spectateurs (Brice de Nice, Charlie
et la chocolaterie et La guerre des mondes)
contre, des succès allant de 5 à plus de 8 millions
de places vendues, en 2004. Par ailleurs, de nombreux succès
annoncés ne l’ont pas été ou n’ont
pas tenu leurs promesses. On pense à Mr & Mrs
Smith, Ocean’s twelve, et Iznogood,
et, à plus forte raison (économique) Kingdom
of heaven, Alexandre, Robots, Boudu,
L’empire des loups et Les chevaliers du
ciel. En revanche, 2005 a porté son lot de bonnes
surprises comme le Brice de Nice de James Huth avec ses 4,3
millions de spectateurs. Ensuite viennent le Charlie et
la chocolaterie de Tim Burton et le Million dollar
baby de Clint Eastwood. Enfin, avoisinant le million
d’entrées du film De battre mon cœur
s’est arrêté (Jacques Audiard) ainsi
que Mon petit doigt m’a dit… (Pascal
Thomas), Match point (Woody Allen), History of
violence (David Cronenberg) et Broken flowers
(Jim Jarmusch).
Le bilan 2005 montre que le public français a appris
à se méfier de certains films (les films médiocres,
les films d’auteur trop élitistes ou les grosses
machines Hollywoodiennes). Ainsi, cette année, nous
avons pu voir des longs métrages exigeants, singuliers,
à hauteur d’homme, liant artistique et ambition,
sachant séduire les critiques et le public tels que
Joyeux noël de Christian Carion et Palais
royal de Valérie Lemercier. D’ailleurs,
avec 34,8% de part de marché, le cinéma français
ne s’en sort pas si mal. Néanmoins, la part de
marché américaine en France est aussi en hausse
(51,3% depuis le début de l’année). De
plus, le Centre National de la Cinématographie vient
de déclarer que, pour l’année 2004, les
recettes des films français à l’étranger
ont progressé de 14,2% pour atteindre 141,2 millions
d’euros (en provenance surtout de l’Allemagne,
l’Italie et le Japon).
Des problèmes persistent à inquiéter
le monde du cinéma et qui ne sont toujours pas résolus
(le financement des films, la situation des intermittents,
les négociations autour des conventions collectives,
l’embouteillage des sorties, la fragilité des
industries techniques…), ainsi que d’autres problèmes
dont les pouvoirs publics se soucient, à savoir le
succès du DVD, le développement du piratage
(selon le CNC, 38% des films sortis en France entre août
2004 et juillet 2005 ont été piratés
sur Internet), l’avènement de la projection numérique
(nécessitant un investissement très coûteux).
Certains optimistes pensent que cette nouvelle ère
qui s’annonce ne peut être que bénéfique
pour le cinéma si ce virage est bien négocié.
On l’espère, car si tous les films programmés
en 2006 tiennent leurs promesses, la fréquentation
des salles risquent de s’envoler. En effet, on attend
Munich de Steven Spielberg, Les bronzés
3, amis pour la vie de Patrice Leconte, Incontrôlable
avec Michael Youn, Un ticket pour l’espace
avec Kad et Olivier. Le cinéma n’est pas près
de baisser les bras.
Sources : Jean-Pierre
Lavoignat dans le Studio hors série de 2005.
Audrey
RAPUZZI
Retour
haut de page
|