Actualité

23 avril 2008
LES CARTES « ILLIMITEES » EVALUEES
Le 29 mars 2000, le groupe UGC lançait sur le marché la
première formule d’abonnement de type « entrée
illimitée », permettant aux abonnés un
accès illimité aux salles de cinéma
UGC sur l’ensemble du territoire, moyennant la somme
de 98 francs par mois pour une durée de 1 an au moins.
Dés 2004 cette carte permettait l’accès à d’autres
cinémas adhérents au projet. Six mois plus
tard, les groupes concurrents, Pathé, Gaumont et MK2
lançaient eux aussi une carte similaire.
Les exploitants indépendants, insatisfaits de cette
pratique ont immédiatement dénoncé cette
formule comme une pratique de prix abusivement bas. Ils accusaient
UGC de vouloir définitivement éliminer ses
concurrents et craignaient également que cela ne porte
atteinte au mode de rémunération des distributeurs,
producteurs et auteurs.
Dés 2001, le législateur est intervenu en
prévoyant plusieurs dispositions. Désormais,
la loi prévoit que la mise en place d’une formule
d’accès au cinéma donnant droit à des
entrées multiples est soumise à un agrément
préalable du centre national de la cinématographie
(CNC).
De plus, pour assurer la transparence de la remontée
des recettes, un prix de référence a été fixé pour
servir de base de calcul pour la rémunération
des distributeurs. Ce prix qui concerne prés de 13
millions d’entrées est fixé à 5,03
euros jusqu’au 14 mars 2009.
Enfin, pour garantir la pérennité des lieux
de diffusion, la loi oblige sous certaines conditions, les
gros exploitants à associer à leur formule
d’abonnement les exploitants indépendants qui
le souhaitent. Les petites structures bénéficient
de plus quant à elles d’un « bonus » dû aux
risques économiques liés à une surconsommation
des abonnés.
Depuis, divers bouleversements ont eu lieu en la matière.
En effet, en septembre 2007, le prix de l’abonnement « UGC
illimité » est passé de 18 euros à 19,8
euros par mois et UGC a lancé la formule « UGC
illimité à 2 » pour 35 euros par mois.
De plus, MK2 a quitté Pathé, Gaumont et leur
formule « carte LP » pour adhérer au programme
d’UGC. Son tarif est identique à celui d’UGC.
Pour que ce système soit rentable pour l’utilisateur,
il faut aller au cinéma 4 fois par mois ce qui donne
un tarif par place proche de 5 euros. Au-delà de 82
entrées par an par abonnement, l’exploitant
perd de l’argent.
Le CNC craint que ces modifications et créations
n’entraînent de réels risques concurrentiels
avec un risque d’abus de position dominante de la part
du groupe UGC.
Le cadre législatif et règlementaire mis en
place en 2003, préservait notamment le pluralisme
de l'offre cinématographique et des lieux de diffusion.
Il a montré ses limites, à l'occasion du renouvellement
des agréments de ces formules en 2007 et ce, particulièrement
en ce qui concerne la détermination du prix de référence.
Le gouvernement a demandé une évaluation de
l’impact du dispositif d’encadrement des cartes
illimitées. C’est dans ce cadre que le 12 février
2007, la commission d’agrément des formules
d’accès au cinéma, présidée
par Marie Picard a rendu son rapport sur les formules d’abonnement
de type accès illimité au cinéma.
Les cartes illimitées avaient pour objectif et ont
eu pour effet une augmentation globale de la fréquentation
cinématographique, et en particulier en Ile de France,
ainsi qu’une augmentation de la diversité des
films, le spectateur voyant plus de films. Elles ont également
eu des conséquences sur le marché, avec un
accroissement du nombre de films diffusés, mais de
ce fait une durée de diffusion du film plus courte.
La commission propose d’améliorer la procédure
d’agrément en la simplifiant.
Pour une harmonisation des délais elle souhaiterait également
que l’agrément délivré ne puisse
excéder une durée de quatre ans et que les
contrats d’association passés entre les émetteurs
et les exploitants ayant adopté la formule soient
améliorés.
Toutefois, malgré ces différentes propositions,
il est fait état que l’apparition de ces cartes
a eu globalement un effet très positif.
Source :
Légipresse
Le monde
Rapport
du 12 février de la Commission d’agrément
des formules d’accès au cinéma
Projet de loi de finances pour 2008
Aurore
CENTONZE
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