Actualité

26 juin 2006
PEUT-ON FILMER LE 11 SEPTEMBRE ?
Dès les premières présentations du film
Vol 93, racontant le détournement par quatre
terroristes d’un avion devant s’écraser
sur la Maison Blanche, de vives interrogations se sont posées.
Pourquoi revenir sur le drame du 11 septembre ? Certains
ont voulu retirer le film des salles, d’autres dénoncent
l’argent récolté par les studios grâce
à cette tragédie, enfin, d’autres pensaient
que le délai de deuil n’était pas approprié.
Néanmoins, le film de Paul Greengrass, présenté
au festival de Tribeca, a conquis le public, la critique comme
les spectateurs. En effet, le réalisateur a su éviter
le film catastrophe, le manichéisme politique, le pathos
et perturbe par sa vraisemblance. Le festival de Cannes a
confirmé ces attentes. Les exemples de ce genre ont
toujours existé aux Etats-Unis, qui savent réagir
rapidement aux pages sombres de leur histoire. On se souvient
de M.A.S.H., Voyage au bout de l’enfer
et Apocalypse now, sortis quelques temps après
la guerre du Vietnam. En Angleterre, des films comme Au
nom du père ou Bloody Sunday traitent
des l’IRA.
La France préfère montrer ses moments de gloire,
comme les moment de bravoure de la seconde guerre mondiale,
mais a du mal à évoquer son passé trouble.
Elle a même censuré Les sentiers de la gloire
de Stanley Kubrick, sur la guerre de 14-18. Avec Vol 93,
le réalisateur relate le voyage de l’avion qui
a finit par s’écraser en Pennsylvanie alors qu’il
devait finir sur la maison blanche, suite à la révolte
des passagers. C’est la télévision qui
avait abordé le sujet en premier et avait battu des
recors d’audience. D’autre adaptation ont suivit,
des téléfilms ou séries. Mais Paul Greengrass
tient à rester au plus près des évènements.
Le réalisateur s’est appuyé sur les appels
téléphoniques des passagers et de l’équipage,
des archives nationales et des témoignages. La presse
spécialisée est unanime.
On attend à présent le World Trade Center
d’Oliver Stone sur les pompiers new-yorkais présent
le 11 septembre. La réalité écrit parfois
des scénarios qu’aucun scénariste de fiction
n’aurait pu imaginer.
Source :
Michel Rebichon, Studio n°225 de juillet/août 2006
Audrey
RAPUZZI
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