Actualité

26 mai 2007
LA DIFFICILE INTÉGRATION DE LA VOD DANS LA CHRONOLOGIE
DES MÉDIAS
Selon un récent sondage de l’observatoire
de la vidéo à la demande, 18 % des français
déclaraient connaître la VOD en été 2006
contre 35 % en février 2007. Le principe est que tout
nouvel entrant sur le marché du cinéma
se voit attribuer une place au sein de la chronologie des
médias.
Rappelons que la chronologie des médias est un système
relativement récent puisqu’elle est née
des accords du 15 mars 2007 et du 20 mai 2000 entre l’ARP,
le BLIC, TPS et Canal Plus.
Mais quelle fenêtre attribuer à la VOD au sein
de cette chronologie ? Un accord du 20 décembre 2005
avait entériné le problème : tous les
auteurs, producteurs et acteurs de la VOD en France avaient
fixé le délai de diffusion des films en VOD à 33
semaines après la sortie de ceux-ci en salles. Mais
faute d’entente, cet accord n’a pas pu être
reconduit. Cette mésentente provient du fait que les
fournisseurs de services de VOD, se plaçant d’un
point de vue économique et attractif vis-à-vis
des consommateurs, souhaitent réduire le délai
entre la sortie en salle et la diffusion en VOD des films. À l’inverse,
les auteurs voient en la chronologie des médias un
moyen d’optimiser la rentabilité des films.
De plus, les chaînes de télévision traditionnelles,
Canal Plus en particulier, sont pour le maintien de ce délai.
En l’état actuel des choses, tous les acteurs
concernés s’accordent sur la réduction
de la fenêtre d’exploitation de la VOD que l’on
ne peut maintenir à sept mois et demi. Les parties
en présence sont pour un probable alignement de la
VOD avec le DVD. Cependant, de nombreux éditeurs vidéo,
tels que Philippe Bastard de Crisnay, président du
syndicat de l’édition vidéo (SEV), veulent
renégocier le délai de six mois accordé au
DVD dans la chronologie : ils prônent une fenêtre
de quatre mois et demi, voire moins en fonction du nombre
d’entrées en salles d’un film. Ces derniers
redoutent l’alignement VOD-DVD qui mettrait ces supports
en concurrence avec un net avantage pour la VOD du fait de
sa souplesse d’utilisation. De toute manière,
l’évolution de la chronologie des médias
est inéluctable.
Mais une telle chronologie est-elle vraiment utile dans
un monde de plus en plus dématérialisé ?
Rien n’est moins sur. En janvier 2007, Apple a décidé de
lancer, depuis le Luxembourg, une plateforme VOD via iTunes,
avec une projection des films trois mois après leur
sortie en salles. Il faudrait donc négocier une chronologie
au niveau mondial, comme ce qui a été fait
pour le zonage des DVD.
Si l’on remanie de la sorte cette chronologie, des
bouleversements du système de financement seraient
donc à craindre. Toujours est-il que le cinéma
ne peut pas se passer des apports de Canal Plus. Même
si la VOD finance, dans une moindre mesure, le cinéma
français avec une taxe de 2 % (article 302 bis KE
du code général des impôts) que la SACD
souhaite porter à 5,5 % et les FAI à 4,5 %,
le cinéma français n’a pas trouvé là un équivalent à Canal
Plus. D’un autre côté, France Télécom
a créé en novembre 2006 une filiale en charge
d’investir dans le cinéma français par
des accords de coproduction notamment. Mais n’oublions
pas que Canal Plus apporte près de 150 millions d’euros
chaque année au cinéma français.
Sources :
- La Gazette du Palais, 13 mai 2007, « VOD et chronologie
des médias : un mariage impossible ? »
- Les Echos des 16 et 17 février 2007
Adrien BERTAUD DU CHAZAUD
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