Actualité

Lundi 30 octobre
LA VIDEO A LA DEMANDE : ENTRE INQUIETUDES ET ESPOIRS
POUR L’INDUSTRIE CINEMATOGRAPHIQUE FRANÇAISE
L’essor de la vidéo à la demande (VOD)
est concomitant de celui du haut débit, et de la pratique
du téléchargement, qui a popularisé le
concept de SOD (See On Demand), sur lequel repose le VOD.
Ses avatars les plus récents sont les sites tels You
Tube, ou encore la technologie du Podcasting.
La vidéo à la demande (de l’anglais
video on demand : VOD) est une technique de diffusion de
contenus vidéo numériques bidirectionnelle
(interactive) offerts ou vendus par les réseaux câblés,
ou sur Internet.
Ici, l’utilisateur va pouvoir acheter des films ou des émissions
de télévision par l’intermédiaire de son ordinateur
ou d’un décodeur numérique. Ces émissions, stockées
sur des serveurs, sont mis à la disposition du consommateur pour une
durée limitée. Les contenus proposés (et protégés)
sont généralement payants et peuvent être acquis à l’unité ou
en utilisant un « forfait de téléchargements ». L’achat
des films ou des émissions de télévision s’effectue
de manière dématérialisée, sur Internet, par l’intermédiaire
d’un ordinateur ou d’un décodeur numérique.
Outre le fait que l’achat porte sur un contenu purement
numérique sans aucun support matériel – ce
qui n’est pas sans poser quelques interrogations sur
le devenir d’autres aspects de la production de contenus
culturels, le packaging notamment – la véritable
innovation provenant de ce type de service réside
dans la possibilité offerte à l’utilisateur
de s’affranchir de contraintes d’espace et de
temps : il a la faculté de visionner le programme
de son choix, au moment où il le souhaite, et non à « heure
fixée » comme cela est de coutume pour les programmes
télévisés, ou les séances de
cinéma. Il le fera, en outre, depuis son domicile.
Les programmes proposés peuvent être de différentes
natures comme le divertissement (film, émission…),
l’éducation (vidéos de formation) ou
encore la vidéoconférence.
Conscient des enjeux financiers d’une telle révolution
technologique, de nombreux acteurs du monde de l’audiovisuel
- qu’ils soient producteurs de contenus, bailleurs
de fonds, ou experts en technologies de l’information,
voire simplement « ados » ayant eu l’inspiration,
comme cela est le cas pour les fondateurs de You Tube - vont
s’intéresser à ce type de communication
audiovisuelle. Les fournisseurs d’accès internet
(Club Internet, Free…), les sites spécialisés
(youtube, google video…) et les chaînes de télévision
ont créé leurs propres sites d’offre
de vidéos, prenant souvent le relai d’autres
opérateurs ayant par le passé proposé sur
leur bouquet satellite des systèmes d’acquisition
dématérialisés de contenus audiovisuels
; c’est le cas de Canal + avec Canal Play, TF1vision
: la vidéo à la demande du groupe TF1 ou encore
M6vidéo le service VOD de la chaîne éponyme.
Ces évolutions, ne sont pas sans impacts sur l’industrie
du cinéma français. Cette question était
au cœur des débats des rencontres cinématographiques
de l’ARP (société civile des auteurs,
réalisateurs et producteurs) qui se tenaient au palais
des congrès de Dijon du 26 au 29 Octobre.
Car les interrogations sont nombreuses et complexes : la
question des droits d’auteurs, les conséquences économiques
pour les exploitants de salle et les propriétaires
de location de vidéos, le frein à la création,
la répartition des profits d’une telle industrie
sur les aides à la production cinématographique.
Face à ces interrogations, de nombreux réalisateurs,
Costa Gavras en tête, ont vivement réagi, au
nom de la profession, face aux risques que peut susciter
ce nouveau type d’offre. Parmi ceux-ci, l’accent
a été porté sur un éventuel assèchement
des sources de financement du cinéma, ainsi, par voie
de conséquence, qu’un appauvrissement de la
création elle-même. Par certains aspects, en
effet, la politique de prix très agressive de certains
FAI ou de certains Webmarchands, n’hésitant
pas à offrir certains programmes cinématographiques à des
prix dérisoires, peut apparaître comme une menace
contre les modes traditionnels de diffusion cinématographique.
En ce sens, Véronique Cayla, directrice du CNC (centre
national de la cinématographe) a tenu à rassurer
les professionnels du cinéma en tenant un discours
sécurisant basé sur l’intégration
des FAI au système de régulation en vigueur.
La volonté de faire des prestataires de vidéo à la
demande de véritables partenaires ouvre des perspectives
intéressantes en matière de soutien financier
pour de nouvelles œuvres cinématographiques.
La balle est dans le camp du législateur national puisque c’est à lui
que revient de prendre la décision d’intégrer ces nouveaux
acteurs de la diffusion cinématographique dans le quorum des bailleurs
de fond de cette industrie. De plus, cette intégration par la loi permettrait
de contrôler en amont l’activité des FAI, en unifiant leur
statut à celui du droit commun.
En outre, un examen précis de la fréquentation
des salles de cinéma - en hausse constante, notamment
grâce aux multiplexes - et de la stratégie commerciale
des loueurs de films - qui proposent également des
systèmes de location à la demande – permet
de tempérer quelque peu les craintes des professionnels
du cinéma.
Sources :
- http://www.domoclick.com
- http://www.wikipedia.org
- http://www.google.fr/news
Benjamin
REIX.
Retour haut de page |