Actualité

30 octobre 2007
PIRATAGE : LES PRODUCTEURS DOIVENT ETRE
RESPONSABLES
C’est aux cours de ses différentes
auditions mises en place pour la lutte contre les téléchargements
illicites et sur le développement des offres légales,
que la mission Oliviennes a reçu la Société des
auteurs compositeurs dramatiques (la SACD).
M. Pascal Rogard, délégué général
de la SACD, a proposé une analyse originale du problème
en déclarant « que chacun, pouvoirs publics,
fournisseurs d’accès internet et industrie du
cinéma, exerce ses responsabilités dans son
propre domaine ».
Selon la SACD, c’est dans l’univers numérique
que la contrefaçon des œuvres cinématographiques
est la plus aisée. Ainsi, elle souhaiterait que les
producteurs s’organisent afin d’éviter
que le piratage commence à leur niveau. Comme le souligne
M. Rogard, le piratage des œuvres avant même toute
exploitation ne serait que le résultat d’une
négligence professionnelle. C’est pour cela
que les producteurs se doivent d’assumer leur part
de responsabilité dans cette fuite en avant. L’électrochoc
de la profession a été provoqué par
l’affaire des Bronzés 3 qui avait été diffusé sur
internet quelques semaines après sa sortie en 2006.
C’est ainsi que les professionnels du cinéma
ont compris que des mesures de sécurités s’imposaient.
On comprendra là que si l’on peut trouver les
films sur les réseaux peer to peer d’une qualité aussi
bonne qu’un DVD, et cela avant même la commercialisation
de ce dernier, c’est qu’un maillon dans la chaine
des intermédiaires dans la création et la diffusion
a laissé filtrer l’œuvre. Pour la SACD,
il est donc urgent et essentiel que l’ensemble des
intervenants dans la chaine de diffusion prennent des engagements
quant à la sécurisation des contenus afin d’éviter
le vol ou la fuite des œuvres. Elle souhaite également
responsabiliser les fournisseurs d’accès à internet
en proposant que ces derniers renforcent leur « filtrage » et
envoient des messages d’avertissement aux internautes
indélicats. A ce sujet, M.Rogard ajoute une précision
non négligeable à savoir « qu’il
est important que tous les fournisseurs d’accès
aient le même comportement. Il ne faut pas que certains
soit vertueux et d’autres non ». Enfin, la SACD
revendique qu’il soit mis fin à l’irresponsabilité juridique
de l’ARCEP.
Parmi les propositions de la SACD rendues publiques lors
de cette audition, on trouve la mise en place d’un éventuel
code de bonne conduite afin que l’industrie s’y
conforme. De même, elle lance l’idée d’inscription
de clauses contractuelles engageant la responsabilité des
studios ou chaînes en cas de fuite. Vient ensuite,
la possibilité de retrouver le circuit emprunté par
un film par un tatouage invisible ce qui permettrait un renforcement
de la sécurité.
Ces propositions ont été les bienvenues pour
la mise en forme des résultats de la mission Oliviennes
mais ont également permis de préparer la future
révision de la directive Paquet Télécom
attendu pour 2008.
Source :
Le Figaro, 3 octobre 2007
Julie TOLZA
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