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Lundi 19 juin 2006
FESTIVAL DU FILM D'ANIMATION 2006 : UN BILAN EN DEMI
TEINTE
La 16eme édition du Marché
international du film d’animation (Mifa) d’Annecy
confirme son retour en grâce auprès des professionnels
malgré la grogne suscitée par l’absence
de Canal plus. Ce nouvel élan devra s’adapter
au boom du long metrage d’animation pour pouvoir perdurer.
Dopé par l’essor du secteur et par les des organisateurs
– Patrick Eveno et Mickael Marin notamment –,
le Mifa 2006 a attiré une cinquantaine d’acheteurs
et une quarantaine d’exposants supplémentaires
par rapport à l’édition 2005. En effet,
les professionnels qui boudaient cette manifestation depuis
deux ans étaient de retour. Jusqu’à Véronique
Cayla, DG du CNC, venue inaugurer le Marché du film
et rencontrer les producteurs français à l’occasion
de la publication SFPA-CNC (SPFA, syndicat des producteurs
de films d’animations) sur le marché de l’animation.
Un document qui confirme le dynamisme d’un secteur qui
représente aujourd’hui 10 à 13% des entrées
en salle et fourmille de projets, comme en témoigne
les huit longs métrages agréés en 2005.
Un record historique qui pourrait bien être dépassé
en 2006 et en 2007. Canal +, la grande absente du festival
Pourtant, l’inquiétude des professionnels français
était palpable, et de nombreux producteurs se sont
émus de l’absence de Canal +, longtemps partenaire
du festival, ce qui ne faisait que matérialiser le
désengagement de la chaîne du secteur depuis
quatre ans. Christian Davin, président du SFPA souligne
la gravité de la situation : « Ces dernières
années, l’animation est passée d’un
marché de niche à un marché mature. Pourtant,
nous allons vers une crise importante de la pré-production.
Il n’y a pas assez d’argent. France télévision
ne peut pas tout faire, et même s’il y a une volonté
de développer chez M6, voir chez TF1, ce n’est
pas suffisant. Avec Canal +, nous somme face à un mur,
alors que les budgets commencent à se muscler pour
s’attaquer à l’international. »
L’étude SFPA-CNC fait clairement apparaître
la montée en puissance des devis. Depuis 2000, huit
films d’animation dont le coût s’élève
à plus de 7M € ont été agréés
dont cinq d’entre eux ces deux dernières années
! Et les investissements de Canal + ont diminués de
moitié en cinq ans. Cette situation est dénoncée
par les producteurs français alors qu’il se prépare
une nouvelle vague de films d’animation ambitieux. Didier
Brunner s’insurge : « Avec ce que paie Canal +
je ne pourrai plus produire Kirikou et la sorcière
[…] Personne dans la chaîne ne semble avoir pris
la mesure du succès de l’animation française.
Il y a une vraie méconnaissance du secteur. »
Canal + a bien mis en place une prime au succès pour
les films qui réalisent plus de 500 000 entrées
en salle, mais la chaîne aurait envisagé un temps
de la remettre en question pour les films destinés
à un public de -12ans. Ce projet est vécu comme
une double sanction par les producteurs de films d’animation.
Cette politique restrictive s’explique difficilement
lorsqu’on sait qu’il y a de quoi être optimiste
pour l’avenir du marché, notamment grâce
à l’émergence des comédies familiales
du type Shrek ou L’age de glace. D’abord
ciblé sur un très jeune public, les films d’animations
développent un potentiel de prime time intéressant
qui pourrait être exploité à conditions
de s’en donner les moyens, notamment en se dotant de
structures de financement solides. Christian Davin illustre
avec humour cette situation critique : « Ce n’est
pas le moment de couper les gaz alors que l’avion est
en train de décoller ! ».Le défi du long
métrage d’animation
Une réforme du festival est prévue pour la prochaine
édition car si Annecy est devenu incontournable dans
le court métrage d’animation, il a visiblement
du mal à passer le cap du long métrage. La sélection
2006, composée d’une majorité de films
sortis en salle depuis des mois (Astérix et les
vikings, Walace et Gromit : Le mystère du
lapin Garou…), s’est attiré toutes
les critiques. D’autant que la plupart des nouveautés
françaises étaient présentées
hors compétition. Le défi consiste donc à
bâtir une sélection internationale et crédible.
Mais les organisateurs reculent déjà et envisagent
de supprimer purement et simplement la compétition
de longs métrages en 2007 (pour les présenter
hors compétition). Une idée saugrenue au moment
ou la production européenne et asiatique décolle
et aurait ainsi besoin d’un lieu de diffusion à
envergure internationale capable de soutenir l’expansion
prometteuse de ce marché.
Sources : Le
Film Français du 15 juin 2006
www.annecy.org
Léonie
SALDMAN
Etudiante Master II Droit et métiers de l’audiovisuel
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