Actualité

9 novembre 2006
LA JOURNALISTE ET LA CENSURE
Raphaëlle Picard, jeune journaliste à l’AFP,
est frappée depuis plusieurs semaines d’une « interdiction
professionnelle ».
Cette décision a été prise par la police
et la justice du département des Yvelines suite à un
reportage réalisé par l’intéressée
dans le quartier des Musiciens aux Mureaux, le 4 octobre
2006, intitulé « La colère des "perquisitionnés
par erreur" dans une cité des Mureaux ».
Pourtant, conformément aux règles rédactionnelles
imposées par l’AFP, l’article en question
est emprunt d’une rigoureuse objectivité, exempt
de tout commentaire personnel de l’auteur et de tout
parti pris ; il témoigne des coulisses d’une
opération de police dans un quartier sensible de la
banlieue parisienne.
Curieusement, la réaction de la police départementale,
porte-parole dans cette affaire du ministère de l’Intérieur,
ne s’est pas faite attendre puisque son directeur adjoint
a accusé la journaliste de « malhonnêteté intellectuelle »,
alors que le directeur de la sécurité publique
a estimé, quant à lui, « qu’elle
n’avait pas pris soin de vérifier auprès
de la police ».
Cela signifierait-il qu’en dehors des cas autorisés,
tout travail journalistique ayant attrait aux interventions
des forces de l’ordre en banlieue serait nul et de
nul effet et même passible de sanction ? La police
serait ainsi la seule dépositaire de l’encadrement
du travail en cause, décidant à quel moment,
en quels lieus et à quelles conditions il pourra s’exercer.
Face à ce contrôle d’un nouveau genre, quelle place reste
t-il à ces libertés dites fondamentales que sont la liberté de
la presse, le droit d’informer et le droit à l’information
?
Le Syndicat Autonome des journalistes, rejoint par le SNJ-CGT, le SNJ, FO,
la CFDT et la Société des rédacteurs de l'AFP, pose la
question et envisage toutes modalités d’action pour faire cesser
cette atteinte aux droits.
Car il semble que Raphaëlle Picard a été crucifiée
pour servir d’exemple afin de prévenir les journalistes que, désormais,
bien travailler signifie travailler en accord avec le ministère de l’Intérieur.
Sources :
- www.acrimed.org
- http://rezo.net
- http://fr.news.yahoo.com/04102006/202/la-colere-des-perquisitionnes-par-erreur-dans-une-cite-des.html
Maïlis BONNEAU
|